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15/11/2017

ETUDIER LES MIGRATIONS INTERNATIONALES: un défi pour demain

Quand je décidais de me spécialiser en Migrations Internationales à l’issue de mes quatre années d’études en Science politique, grande fut la surprise des miens. Je fus confrontée à des questions telles que : « est-ce qu’il y a travail dans ce que tu veux faire ? », « tu vas faire quoi avec migrations internationales, tes amis font l’humanitaire, les relations internationales et toi tu choisis quelque chose de compliqué »… 
Je m’intéressais aux migrations depuis ma deuxième année de fac, j’ai même écrit un article en licence sur le danger que représentait l’immigration irrégulière, après la lecture du bilan annuel de l’Organisation mondiale pour les migrations . Les chiffres étaient déjà alarmants à l’époque. 
Mais qui nous a pris cela au sérieux ? Personne !!!
Et puis, il y a eu toi Ali, qui m’a parlé de Migrinter, j’étais un peu septique au départ, car je me demandais ce que je ferais à l’issue de cette formation. En lisant, j’ai compris l’enjeu des migrations pour notre pays et pour l’Afrique de l’ouest depuis ces 20 dernières années. 
Je suis heureuse de savoir qu’aujourd’hui, les ivoiriens s’intéressent aux migrations… même si c’est sous l’angle péjoratif (migrants ivoiriens qui sont emprisonnés en Lybie ou qui échouent à Lampedusa ou encore aux enclaves espagnoles de Melilla ou Ceuta). 
Ali, je me souviens qu’à l’époque, toi et moi avions postulé pour une bourse du gouvernement ivoirien afin de pouvoir financer nos études qui en majeur partie reposaient sur un travail de terrain, mais nous fûmes confrontés à un refus.


Tu m’as dit : « Désirée, le pays aura besoin de notre expertise ». Aujourd’hui Li, je me rends compte de la véracité de tes propos. Le pays a besoin de nous dans ce combat contre l’immigration irrégulière. Je sais que comme moi chers compagnons, vous êtes prêts à rentrer à Abidjan, et mettre à la disposition du Pays tout ce que nous avez appris en Migrations internationales. Les migrations ne se limitent pas à la lutte contre l’immigration clandestine, elles prennent en compte divers volets, notamment, la gestion des flux migratoires, la production de données statistiques et SIG, la question de l’apatridie, des réfugiés et du co-développement.
Pour revenir à la question de l’immigration irrégulière, la direction des ivoiriens de l’extérieure fait beaucoup, mais elle doit s’appuyer sur ces jeunes ivoiriens de la diaspora qui côtoient ces migrants irréguliers en Occident. Ali, Guy, nous voyons le calvaire que vivent nos frères ici dans les CIAO quand ils ont la chance d’être logés. D’aucuns vivent sous des tentes dans des sortes de bidonvilles, le cas des migrants de la porte de la chapelle à Paris illustre bien mes propos. Il y a également ces mineurs migrants isolés dont, on n’en parle pas assez, qui parfois, vivent aux alentours des gares de train, attendant d’être logés par le 115. 
Aujourd’hui, parmi les mineurs migrants isolés en France, il y a un grand nombre d’ivoiriens. Ces enfants, attendent que leur minorité soit reconnue par l’Etat français. Ali, en sait beaucoup car l’an dernier nous avons côtoyé par le canal des associations Soledev et Min’de rien ces mineurs migrants isolés.
Ali s'intéresse aux projets de co-développement en décentralisation, Guy travaille sur la question des migrants ivoiriens en Lybie. 
Nous produisons, des articles sur la situation des migrants irréguliers ivoiriens en France mais qui en tient compte ? 
P.S : La présente vidéo porte sur les mineurs migrants isolés en France, précisément à Poitiers. 
Martine Brouillette est membre du Laboratoire Migrinter, où Ali, Guy et moi, faisons notre formation.
Mohamed qui intervient dans la vidéo, est un jeune mineur migrant isolé ivoirien que je connais et côtoie. 

desire DENEO

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