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21/06/2010

la cote d'ivoire de 1960 a aujourd'hui 2010

Côte d'Ivoire

Chronologie évènementielle 1960 - 2007

1960

(7 août) Proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.
(3 novembre) Promulgation de la Constitution qui établit un régime de type présidentiel.
(27 novembre) Félix Houphouët-Boigny est élu premier président. Première Assemblée nationale (70 députés). Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), restera jusqu'en 1990 un parti unique.

1962

Un complot fomenté par un groupe du PCDI est déjoué.
(24 avril) Signature d'un accord de défense et d'un accord d'assistance militaire technique entre la France et la Côte d'Ivoire.


1963

(janvier) L'Assemblée nationale vote une loi portant création d 'une cour de sûreté de l'Etat.
(janvier et août) Complot impliquant d'anciens ministres, de nombreuses condamnations sont prononcées, des mesures d'épuration sont diligentées.
(9 avril) 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées).

1964

(17 août) La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CSSPPA) est transformée en société d'Etat.
(décembre) La cour de sûreté juge 96 inculpés et prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.


1964

(17 août) La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CSSPPA) est transformée en société d'Etat.
(décembre) La cour de sûreté juge 96 inculpés et prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.

1965

(7 novembre) Réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République.
Election des 85 députés du PDCI à l'Assemblée nationale.

1967

(7 novembre) La Côte d'Ivoire et l'URSS établissent des relations diplomatiques. Elles seront rompues en mai 1969, en raison de l'immixtion de Moscou dans les affaires intérieures, puis rétablies en février 1986.

1968

(14 mai) Au cours de la guerre civile au Nigeria, la Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste du Biafra, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.

1970

(octobre) Répression d'un soulèvement de l'ethnie Bété dans la région de Gagnoa contre la domination économique exercée par les Baoulés, ethnie à laquelle appartient Félix Houphouët-Boigny (le massacre du Gébié).
(novembre) Nouvelle réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République et élection de 100 députés présentés par le parti unique, le PCDI.
(4 novembre) Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président ivoirien.

La chronologie couvrant la période 1971 - 06/2005 paraitra ultérieurement dans un ouvrage

2005


(3 juillet) Décès dans des circonstances troublantes après son interpellation par des militaires, du colonel major Bakassa Traoré, directeur de l'Office national de la protection civile.
(4-5 juillet) Laurent Gbagbo participe à la 5ème session ordinaire de l'Union Africaine à Syrte (Libye).
(7 juillet) La Bourse du café et du cacao (BCC) maintient le prix indicatif d'achat "bord champ" "du kilogramme de la fève de cacao bien fermenté et bien séché à 390 FCFA (0,59 euro) pour la période allant de juillet à septembre 2005".
(9 juillet) Après trois jours de négociations à Yamoussoukro, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) et les Forces nouvelles (FN, rébellion) sont parvenues ce jour à un nouvel accord sur le calendrier du désarmement. Les principales dates de l'accord sont les suivantes : (i) avant le 15 juillet 2005 : adoption des amendements des lois relatives au processus de paix ; (ii) 20 août : fin du désarmement et du démantèlement effectifs et complets des milices pro-gouvernementales ; (iii) 19 septembre : accueil de l'ensemble des combattants de façon concomitante et simultanée sur les sites de regroupement ; (iv) 26 septembre : début du désarmement et de la démobilisation qui prendront fin le 3 octobre.
(10 juillet) Selon le Général Elrick Irastorza, nouveau Commandant de la Force Licorne en Côte d'Ivoire, "l'opération Licorne nous coûte au total 190 millions d'euros par an, soit environ 124 milliards de francs Cfa. Pour plus de détail, la Licorne coûte par jour 341 millions de francs CFA".
(15 juillet) Dans un message à la nation, Laurent Gbagbo déclare : "en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution", "je prends immédiatement des décisions qui portent sur : (i) Le financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle ; (ii) L'identification des personnes et le séjour des étrangers en Côte d'Ivoire ; (iii) La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI) ; (iv) La composition, l'organisation, les attributions et le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ; (v) Les dispositions spéciales en matière de naturalisation ; (vi) Le Code de la nationalité. Toutes ces Décisions, qui ont force de loi, prennent effet à compter de ce jour, 15 juillet 2005".
(16 juillet) Le Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA) suspend "jusqu'à nouvel ordre" les émissions de Radio France internationale (RFI) sur la bande FM pour "traitement non professionnel" de l'actualité ivoirienne.
(23-24 juillet) Attaque par des éléments inconnus d'Agboville (70 km au nord d'Abidjan) et d'Anyama (banlieue d'Abidjan). Selon le chef de l'armée ivoirienne, le bilan serait d'au moins 24 morts dont 7 militaires des forces de défense et de sécurité. Chez les assaillants, 17 morts auraient été enregistrés. Les assaillants auraient libéré plus de 200 prisonniers de la prison d'Agboville. Selon que l'on se place du côté du pouvoir en place ou de l'opposition, ces attaques sont attribuées aux ex-rebelles ou aux milices pro-gouvernementales.
(27 juillet) Les principaux partis de l'opposition regroupés au sein du G7 rejètent une série de lois récemment promulguées (le 15 juillet) par le président Laurent Gbagbo (sur la nationalité, les droits à la citoyenneté, la composition de la commission électorale indépendante (CEI)…), affirmant qu'elles ne sont pas conformes au plan de paix de Pretoria II.
(31 juillet) Maintes fois reporté, le processus de désarmement échoue une nouvelle fois devant le refus des Forces nouvelles de respecter l'échéance à laquelle elles devaient envoyer 40 500 combattants rebelles dans des sites de cantonnement, étape qui précède la phase du désarmement.
(7 août) Le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise en Côte d'Ivoire, estime que les lois promulguées le 15 juillet par le président Gbagbo sont "conformes" aux accords de paix interivoiriens et n'ont pas à être révisées.
(8 août) Arrivée à Abidjan du Haut représentant de l'ONU pour les élections en Côte d'Ivoire. Il s'agit de l'ancien ministre portugais des affaires étrangères Antonio Monteiro.
(17 août) Nomination du tchadien Abou Moussa au poste de Représentant spécial adjoint pour la Côte d'Ivoire en remplacement du Britannique Alan Doss, muté au Liberia.
(20 août) Dans une interview à RFI, l'ancien chef d'état-major des FANCI, le général Mathias Doué, déclare vouloir obtenir le départ du président Laurent Gbagbo "par tous les moyens" si la communauté internationale ne prend pas les devants. Entretiens à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki et une délégation des Forces nouvelles (FN) conduite par Guillaume Soro. A l'issue des conventions éclatées de son parti, l'ancien président Henri Konan Bédié est plébiscité, avec 98,61% des suffrages exprimés, pour être le candidat officiel du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) aux élections présidentielles d'octobre 2005.
(25 août) A l'issue d'un séminaire tenu à Bouaké du 20 au 25 août, les forces nouvelles (Mpci, Mpigo, Mjp) déclarent qu'elles ne participeront pas à l'élection présidentielle prévue le 30 octobre et empêcheront le déroulement du scrutin sur la partie du territoire national qu'elles contrôlent. Les rebelles accusent Laurent Gbagbo d'avoir manipulé les conditions de l'élection pour s'assurer la victoire. Laurent Gbagbo signe un décret "interdisant l'usage de feux d'artifice, pétards et autres objets explosifs susceptibles de créer des situations de panique au sein des populations" en raison "du contexte socio-politique sensible".
(29 août) Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) regroupant les principaux partis d'opposition (le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI et le MFA) déclare que l'organisation de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre est "impossible" et qu'une transition excluant Laurent Gbagbo doit être organisée en vue d'assurer la tenue des dites élections. En vertu de l'article 48 de la Constitution, Laurent Gbagbo rectifie les lois sur la commission électorale indépendante, la nationalité et la naturalisation, dont des versions promulguées le 15 juillet étaient contestées par l'opposition et la rébellion.
(30 août) Le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, déclare que "la médiation a terminé son travail, le Conseil de sécurité de l'ONU doit désormais prendre le relais". Les autorités sud-africaines demandent à l'ONU et l'Union africaine (UA) de s'assurer que les accords signés sont appliqués, ce qui semble exprimer le désengagement de l'Afrique du sud dans le processus de règlement du conflit.
(31 août) A l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations-Unies, M. Kenzo Oshima, président dudit conseil, déclare que "la médiation sud-africaine a indiqué qu'elle poursuivra ses efforts, avec l'appui des Nations Unies et de l'Union africaine, pour assurer la tenue en Côte d'Ivoire d'élections libres, justes, transparentes dans les délais prévus, seule issue à la crise". Le conseil brandit à nouveau la menace de sanctions individuelles contre les Ivoiriens qui bloquent le processus de paix en Côte d'Ivoire.
(8 septembre) Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan déclare à Radio France Internationale que la tenue d'une élection présidentielle cruciale en Côte d'Ivoire ne "va pas être possible" à la date prévue du 30 octobre en raison du retard dans les préparatifs du en grande partie à la mauvaise volonté des "leaders politiques et des partis".
(11 septembre) Après un an passé en France, retour en Côte d'Ivoire du président du PDCI-RDA et ancien Chef de l'Etat ivoirien Henri Konan Bédié.
(19 septembre) Le ministre de l'Education nationale Michel Amani déclare que "les examens scolaires en zones Forces nouvelles sont suspendus jusqu'à l'obtention d'une solution pour leur sécurisation".
(20 septembre) Suite à la proposition du président nigérian Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'Union africaine) concernant l'éventualité d'une nouvelle médiation dans le conflit ivoirien qui pourrait se dérouler dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), Laurent Gbagbo exprime son " rejet par avance… en raison de l'implication directe de certains pays membres de cette organisation dans le conflit ivoirien ". A l'occasion du troisième anniversaire du déclenchement de la rébellion (le 19 septembre 2002), "tous les combattants des Forces nouvelles ont été promus à un grade allant de "caporal" à "général de brigade". Cette mesure toucherait les 42 500 combattants revendiqués par les Forces nouvelles.
(22 septembre) Laurent Gbagbo signe un décret sur la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI). La nouvelle CEI est composée de 31 membres : un représentant de la présidence de la République, un de l'Assemblée nationale, un du Conseil économique et social, quatre des ministères concernés (Administration du Territoire, Economie et Finances, Défense et sécurité), deux du Conseil supérieur de la Magistrature, deux du Barreau et vingt représentants des parties signataires des accords de Marcoussis. Sur les 31 membres de la nouvelle institution électorale, seulement 22 ont voix délibérative, les 9 autres sont consultatives. Sur les 22 voix délibératives, le G 7 compterait 14 voix contre 8 pour le camp présidentiel.
(27 septembre) Dans un discours à la nation, Laurent Gbagbo se dit opposé à toute nouvelle médiation sur la Côte d'Ivoire, il déclare que les élection ne pourront se "tenir à l'évidence le 30 octobre 2005 puisque les rebelles n'auront pas désarmé à cette date", il n'y aura pas de transition et il demeura à son poste après le 30 octobre.
(30 septembre) Tenue à Abuja d'un sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) consacré à la crise en Côte d'Ivoire, en l'absence de Laurent Gbagbo. Les recommandations issues du sommet seront présentées lors d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), prévue le 6 octobre à Addis Abeba.
(6 octobre) Réuni à Addis Abeba, le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), a statué sur la situation en Côte d'Ivoire. Le CPS prend acte de la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005, ainsi que de l'impossibilité d'organiser les élections présidentielles à la date prévue. Le Conseil décide que les "arrangements conclus dans les accords de Linas-Marcoussis devront se poursuivre pour une période ne devant pas excéder 12 mois". Pendant cette période de transition, Laurent Gbagbo reste chef de l'Etat, un "nouveau Premier ministre acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord de Linas-Marcousis sera nommé", il dirigera et "aura pleine autorité sur son gouvernement" "composé de personnalités proposées par les parties Ivoiriennes signataires de l'accord de Marcoussis". Le "Premier ministre ne sera pas éligible aux élections qui seront organisées". Par ailleurs, "il est créé un Groupe international de travail (GIT) qui se réunira une fois par mois en Côte d'Ivoire pour évaluer, contrôler et suivre le processus de paix, y compris la feuille de route convenue à Pretoria et tous autres accords subséquents" et qui rapportera et effectuera "les recommandations appropriées au Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA et au Conseil de Sécurité des Nations Unies". Enfin, le CPS "décide que les parties Ivoiriennes seront Invitées le plus tôt possible à un Forum de dialogue national à Yamoussoukro" "ouvert à la société civile", "il sera présidé conjointement par le Président Olusegun Obasanjo du Nigeria et par le Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud".
(11 octobre) Le président du conseil d'administration de la Bourse du café et du cacao (Bcc), Lucien Tapé Do annonce que le prix indicatif bord champ du kilogramme de cacao est fixé à 400 Fcfa, en augmentation de 15 Fcfa par rapport à la campagne précédente (le prix CAF à Londres était ce jour de 781 francs CFA).
(12 octobre) Publication du rapport de l'International crisis group : "Côte d'Ivoire: Les demi-mesures ne suffiront pas". Dans ce rapport il est demandé au Conseil de sécurité de l'Onu : (i) "d'annoncer que les institutions" politiques "actuelles seront dissoutes le 31 octobre 2006" et "si le scrutin présidentiel n'a pas eu lieu à cette date", une nouvelle équipe de transition, "composée exclusivement de membres de la société civile sera mise en place" ; (ii) "d'étendre le mandat du Haut représentant des Nations Unies pour les élections et mettre à sa disposition les ressources humaines et financières nécessaires pour organiser des élections crédibles et présider également à l'application des nouvelles lois récemment promulguées sur la nationalité, les naturalisations et l'identification des populations" ; (iii) "d'appliquer les sanctions individuelles prévues par la résolution 1572 pour contraindre les signataires de l'Accord à respecter leurs engagements" ; (iv) de "publier le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme depuis 2002, et d'encourager le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à suivre attentivement la situation pour décider de l'ouverture éventuelle d'une enquête formelle" ; (v) "d'organiser, avant le 1er février 2006, le Forum de dialogue national préconisé par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine ".
L'Etat de Côte d'Ivoire et le Groupe Bouygues renouvellent, pour une durée de 15 ans, leur contrat de concession de service public de la distribution, de la production, de l'exploitation et du transport de l'énergie électrique en Côte d'Ivoire.
(14 octobre) Le Conseil de sécurité de l'Onu approuve le plan de l'union africaine (UA) prévoyant notamment le maintien de Laurent Gbagbo à son poste, l'organisation d'élections avant le 30 octobre 2006 et la nomination d'un Premier ministre de 'consensus' aux pouvoirs étendus.
(17 octobre) Investiture des membres de la Commission électorale indépendante (CEI). Michèle Alliot-Marie, ministre français de la Défense, suspend le général Henri Poncet (ancien commandant de la force Licorne), un officier et un sous-officier ayant servi dans ladite force. Ils sont soupçonnés d'avoir couvert une "bavure" ayant entraîné le décès d'un Ivoirien, lors de son arrestation par des soldats français.
(21 octobre) Le Conseil de sécurité de l'Onu adopte à l'unanimité la résolution 1633 qui affirme que "le président Gbagbo demeurera chef de l'État à partir du 31 octobre 2005 pour une période n'excédant pas 12 mois" aux côtés d'un Premier ministre "acceptable pour tous", qui doit être désigné avant le 31 octobre. Le Premier ministre devra disposer "de tous les pouvoirs nécessaires", ainsi que de "toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires électorales". Le Conseil se déclare "favorable à l'établissement du Groupe de travail international (GTI)… prévu par une décision de l'Union africaine". Le GTI est composé de : Afrique du Sud, Bénin, Etats-Unis, France, Ghana, Guinée, Grande-Bretagne, Niger et Nigeria. Il comprend aussi l'ONU, l'Union Africaine, la CEDEAO, l'Union Européenne, l'Organisation Internationale de la Francophonie, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.
(26 octobre) Publication du rapport d'Amnesty International : Côte d'Ivoire: Un avenir lourd de menaces. Dans ce rapport "l'organisation recense quelques-uns des principaux facteurs qui peuvent conduire à une détérioration rapide de la situation: blocage total du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), ruptures du cessez-le-feu, conflits interethniques dans l'ouest du pays, appels à la xénophobie relayés par certains hommes politiques et médias se réclamant du président Gbagbo, utilisation d'enfants soldats et atteintes à la liberté d'expression". Devant les risques de dérapage, l'organisation lance un double appel : (i) aux parties au conflit pour les inciter à appliquer les accords conclus et (ii) à la communauté internationale pour une implication plus forte dans le processus de résolution du conflit. Au cours d'un discours prononcé lors d'ine rencontre avec les forces des défense et de sécurité (FDS), Laurent Gbagbo tente de rassurer une partie des effectifs : "tous ceux qui ont droit à la prime qu'on appelle 'hauts les cœurs' pour la dernière quinzaine, seront payés aujourd'hui même. Sur 2004/2005, nous avions des arriérés de 135 251 822 938 francs (CFA). Nous avions payé 121 867 363 000 francs. Il nous reste à payer 15 milliards. Mais cela ne saurait être une raison pour que les gens prennent les armes". "Pour ce qui est du sort des jeunes que Linas Marcoussis demande de faire sortir des rangs de l'armée, je tiens à préciser qu'aucun d'entre vous ne sera laissé pour compte".
(27 octobre) Tenue d'un Conseil des ministres boycotté par les ministres issus du G7 (PDCI-RDA, RDR, UDPCI, MFA, MPCI, MPIGO et MJP).
(28 octobre) Dans un communiqué, l'organisation Human Rights Watch (HRW) affirme que "le gouvernement ivoirien renforce son effectif d'hommes armés en recrutant des enfants qui ont combattu lors de la violente guerre civile du Libéria". En conséquence, "la communauté internationale doit faire tout son possible pour garantir la démobilisation de ces enfants et la traduction en justice de ceux qui les ont recrutés".
(30 octobre) Manifestations à Abidjan et à Bouaké de partisans de l'opposition à Laurent Gbagbo pour protester contre la prolongation d'un an de son mandat et pour réclamer la démission immédiate du président. Dans un discours à la radio et à la télévision Laurent Gbagbo confirme son maintien à la tête de l'Etat jusqu'aux prochaines élections.
(14 novembre) Malgré l'embargo sur les armes visant la Côte d'Ivoire depuis novembre 2004, un rapport d'un groupe d'experts de l'ONU souligne le niveau élevé des dépenses militaires du pays et recommande au Conseil de sécurité de renforcer sa surveillance sur le détournement des fonds liés à l'exportation du cacao, du coton et des diamants.
(22 novembre) Echec de la médiation africaine conduite par les chefs d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, nigérien Mamadou Tandja et sud-africain Thabo Mbeki, à dégager un consensus sur un nom pour le poste de Premier ministre. Une première liste de 16 noms avait été établie, puis réduite à 4 noms : M. Gaston Ouassenan Koné (Parti démocratique de Côte d'Ivoire, PDCI), M. Yadé Tiémoko Coulibaly (Rassemblement des Républicains, RDR), Mme Jacqueline Lohouès Oble, ancien ministre de la Justice et M. Gervais Coulibaly, directeur général de la décentralisation.
(25 novembre) La chambre administrative de la Cour Suprême annule l'élection du bureau de la commission électorale indépendante (CEI).
(28 novembre) Selon les propos de Jean-Louis Billon, président de la chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, recueillis par Fraternité Matin, "depuis six ans, depuis le coup d'Etat de décembre 1999, on est entré dans une période d'incertitudes en Côte d'Ivoire". " La crise de novembre 2004 a frappé une classe fortement consommatrice, celle qui a le gros pouvoir d'achat, celle qui tire l'économie vers la classe moyenne. On pense que la destruction des écoles françaises n'a fait partir que des Français… Elle a fait partir plus d'Ivoiriens que de Français, qui se sont installés dans la sous-région. Des Ivoiriens ont inscrit leurs enfants à Niamey, Lomé, Bamako, Cotonou, Rabat… La crise de novembre a fait perdre, au bas mot, une trentaine de milliers d'emplois. Comment est-on arrivé à ce calcul ? D'abord, vous avez plus de 8000 familles françaises qui sont parties. Ensuite, vous avez 200 entreprises qui ont fermé entre-temps et autant d'autres qui ont été sinistrées… Donc novembre 2004 a été pour notre économie la pire des crises".
(1er décembre) Attaque de la caserne de gendarmerie d'Agban à Abidjan par des individus armés non identifiés.
(4 décembre) Les trois médiateurs de la crise ivoirienne (Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki et Mamadou Tanja) désignent Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), comme Premier ministre de la Côte d'Ivoire.
(5 décembre) Nomination par un décret du président Laurent Gbagbo de Charles Konan-Banny au poste de Premier ministre.
(6 décembre) L'ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, chef d'un des principaux partis d'opposition le Rassemblement des républicains (RDR) est de retour en Côte d'Ivoire pour les obsèques de sa mère, il met ainsi fin à un exil de trois ans à Paris.
(7 décembre) A l'issue d'une réunion du Groupe de travail international (GTI), Pierre Schori, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, déclare que la résolution 1633 du Conseil de sécurité "prime sur les lois nationales ivoiriennes".
(8 décembre) Prise de fonction officielle du nouveau Premier ministre ivoirien, Charles Konan-Banny qui succède à Seydou Elimane Diarra en poste depuis 2003.
(21 décembre) Publication d'un rapport de Human rights watch (HRW) : "Côte d'Ivoire : le coût de l'impasse politique pour les droits humains". Ce rapport indique que pour faciliter le processus de paix, " les initiatives soutenues internationalement et conçues pour contenir les auteurs d'abus et combattre l'impunité ont été mises en attente". En conséquence, la situation de "ni guerre, ni paix" qui perdure depuis trois ans "a facilité des violations graves et répétées des droits humains commises par tous les côtés, mais elle a conduit à une dangereuse dégradation des institutions publiques conçues pour protéger et défendre les droits humains élémentaires". "Pour commencer à répondre à ce retranchement persistant d'impunité en Côte d'Ivoire, la communauté internationale, principalement les Nations Unies, doit prendre des mesures clefs. Premièrement, afin d'identifier les personnes impliquées dans des atteintes passées aux droits humains, le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait rendre public le rapport de la commission d'enquête des Nations Unies sur les violations des droits humains et du droit international humanitaire (les lois de la guerre) depuis septembre 2002. Deuxièmement, pour empêcher les actions futures d'auteurs présumés d'atteintes aux droits humains, le Comité des sanctions pour la Côte d'Ivoire du Conseil de sécurité des Nations Unies devrait appliquer immédiatement des sanctions économiques et sur les déplacements, autorisées par la résolution 1572 du Conseil de Sécurité, contre les individus désignés comme responsables de violations graves des droits humains. Enfin, dans un effort pour exiger des comptes aux coupables de violations des droits humains, le procureur de la Cour Pénale Internationale devrait rapidement prendre des mesures concrètes pour poursuivre les investigations sur les crimes graves selon le droit international commis par toutes les parties depuis 2002".
(28 décembre) Charles Konan Banny constitue le gouvernement de transition qui se compose comme suit : Premier ministre, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication : Charles Konan Banny ; le FPI obtient 7 postes : (i) Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement : Antoine Bohoun Bouabré, (ii) Ministre des Mines et de l'Energie : Emmanuel Léon Monnet, (iii) Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative : Hubert Oulaye, (iv) Ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques : Alphonse Douati, (v) Ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions : Sébastien Dano Djédjé, (vi) Ministre de l'Education nationale : Michel Amani N'Guessan, (vii) Ministre de la Lutte contre le Sida : Mme Christine Adjobi ; le PDCI compte 5 ministres : (i) Ministre des Affaires étrangères : Youssouf Bakayoko, (ii) Ministre des Infrastructures économiques : Patrick Achi, (iii) Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique : Rémi Allah Kouadio, (iv) Ministre de l'Industrie et de la Promotion du secteur privé : Mme Marie Téhoua Amah, (v) Ministre de la Jeunesse, de l'Education et des Sports : Dagobert Banzio ; le RDR obtient 5 portefeuilles : (i) Ministre de l'Agriculture : Amadou Gon Coulibaly, (ii) Ministre de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat : Marcel Amon Tanoh, (iii) Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Cissé Ibrahima, (iv) Ministre des Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication : Hamed Bakayoko, (v) Ministre de la Famille et des Affaires sociales : Mme Jeanne Brou Peuhmond ; les Forces nouvelles obtiennent 5 postes : (i) Ministre d'Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion : Guillaume Soro, (ii) Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre : Louis André Dakoury-Tabley, (iii) Ministre du Commerce : Moussa Dosso, (iv) Ministre du Tourisme et de l'Artisanat Amadou Koné, (v) Ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle : Youssouf Soumahoro; le MFA compte un ministre : (i) Ministre des Transports : Innocent Anaky Kobenan ; l'UDPCI obtient un ministère : (i) Ministre de la Coopération et de l'Intégration africaine : Mabri Toikeusse ; l'UDC obtient un poste : (i) Ministre de la Culture et de la Francophonie : Théodore Mel Eg ; le PIT compte un ministre : (i) Ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts : Jacques Andoh ; la société civile enregistre 5 nominations : (i) Ministre de la Défense : René Aphing Kouassi, (ii) Ministre de l'Intérieur : Joseph Dja Blé, (iii) Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme : Mamadou Koné, (iv) Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Economie et des Finances : Charles Diby Koffi, (v) Ministre déléguée auprès du Premier ministre chargé de la Communication : Mme Martine Coffi Studer.

2006

(2 janvier) Attaque du camp militaire d'Akouédo à l'est d'Abidjan par des assaillants non-identifiés. Selon le camp présidentiel cette attaque serait une tentative de coup d'Etat, tandis que pour le "porte-parole" des assaillants (Séry Gustave) il s'agirait simplement d'une mutinerie liée au non paiement des primes des militaires (prime nommée "hauts-les-cœurs").
(6 janvier) Le Secrétaire Général des Nations-unies, Kofi Annan appelle au renforcement des effectifs des troupes de maintien de la paix onusiennes en Côte d'Ivoire. Il recommande le déploiement de 3 400 casques bleus supplémentaires et de 475 policiers.
(14 janvier) Alassane Ouattara, président du RDR, annonce sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
(15 janvier) Le Groupe de travail international (GTI) estime que le mandat des députés qui a expiré le 16 décembre "n'a pas à être prolongé". Cette recommandation va à l'encontre de la volonté du Conseil constitutionnel qui souhaite que l'Assemblée nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs jusqu'à la tenue de nouvelles élections.
(16 janvier) Début de manifestations violentes des jeunes patriotes pro-Gbagbo contre la décision du GTI relative à la dissolution de l'Assemblée nationale. Les manifestations touchent Abidjan, Daloa, Guiglo, Gagnoa, Yamoussoukro et San Pedro.
(17 janvier) Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, annonce le retrait de son parti "du processus de paix et son refus de continuer encore plus longtemps le processus de recolonisation engagé sous l`égide de l`Onu" ainsi que le départ des ministres FPI siégeant au gouvernement. Enfin, "le FPI exige le départ du pays de toutes les forces onusiennes et Licorne, Forces d'exploitation, d'occupation et d'asservissement de la Côte d'Ivoire".
(18 janvier) Rencontre à Abidjan entre Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'Union africaine (UA)), Laurent Gbagbo et Charles Konan Banny. Le communiqué final stipule que le Groupe de travail international (GTI) n'a pas l'autorité de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne et incite MM. Gbagbo et Banny de trouver un accord politique en vue de l'organisation des élections.
(20 janvier) A la suite d'un appel à l'arrêt des manifestations, lancé la veille par Charles Blé Goudé, Chef des "patriotes", retour au calme après quatre jours d'émeutes dirigées contre la présence de "forces étrangères d'occupation", et particulièrement, des Nations Unies.
(21 janvier) Annonce du retour du Front populaire ivoirien (FPI) "dans le processus de paix et en conséquence, du retour de ses ministres au sein du gouvernement".
(24 janvier) A la suite des manifestations et des violences dirigées contre les Nations Unies, le Programme alimentaire mondial (PAM) annonce qu'il est dans l'obligation de stopper ses opérations humanitaires dont dépendent des milliers de personnes dans le pays.
(25 janvier) Retour en Côte d'Ivoire de Alassane Ouattara, Président du RDR, après 3 ans d'exil en France. Premier conseil des ministres du gouvernement Banny, Guillaume Soro (ministre d'Etat, chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion) était absent. Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge jusqu'au 15 décembre 2006 les mandats respectifs de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire et des forces françaises de l'opération Licorne qui l'appuient, pour participer au maintien de la paix, aider au désarmement et à l'organisation des élections (résolution 1652 adoptée à l'unanimité). Dans cette résolution, le Conseil de sécurité rappelle qu'il avait entériné le communiqué final du Groupe de travail international (GTI) du 15 janvier 2006, dont la recommandation de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne avait servi de prétexte aux manifestations qui ont éclaté le 16 janvier dernier à Abidjan. Le Conseil de sécurité n'a pas suivi les recommandations de Kofi Annan qui demandait le déploiement de 4 000 casques bleus supplémentaires en Côte d'Ivoire.
(26 janvier) Par crainte de nouveaux débordements, l'Onu annonce l'évacuation vers la Gambie et le Sénégal de 400 travailleurs civils de sa mission en Côte d'Ivoire (Onuci) .
(27 janvier) Selon Désiré Tagro porte-parole de la présidence de la République : "le président Laurent Gbagbo… prend acte de ce que l'Assemblée nationale demeure en fonction avec tous ses pouvoirs".
(30 janvier) Jean-Louis Billon président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, dénonce un climat des affaires délétère, en raison "des tracasseries administratives intempestives (barrages, rackets et autres...", de la récurrence des troubles, si bien que "la situation des agriculteurs en province est catastrophique par le fait de la perte des récoltes qui n'ont pu être commercialisées, que les transporteurs et les petits commerçants sont aussi en difficulté par le manque de liquidité et de stock". Selon Le Patriote (du 28/01/2006), les émeutes du 16-19 janvier auraient entraîné" au moins 4 milliards (CFA) de pertes pour les opérateurs économiques". M. Billon s'insurge contre : "l'art de l'esquive verbale, de l'instrumentalisation d'une jeunesse en déshérence et du développement des différentes formes de violence sont devenus des sports nationaux qui repoussent les responsabilités bien au-delà de ceux qui les commettent, les utilisent et les animent".
(3 février) La cour d'appel de Paris confirme la condamnation de deux mois à un an d'emprisonnement ferme à l'encontre de douze soldats français pour vol et recel, portant sur un total de 220 millions de francs CFA (environ 337.000 euros), commis dans l'agence de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) de Man, dont les dits soldats devaient assurer la surveillance de juillet à août 2004.
(6 février) Après les violentes manifestations anti-ONU du mois de janvier, le Conseil de sécurité des Nations unies décide d'envoyer en Côte d'Ivoire une compagnie de casques bleus de la MINUL (Mission des Nations unies au Liberia) qui seront prélevés sur le contingent nigérian. Ce renfort provisoire (jusqu'au 31 mars) représente 200 hommes, 14 véhicules blindés et 18 véhicules de soutien.
(7 février) Conformément à la résolution 1572 adoptée le 15 novembre 2004, le Conseil de sécurité des Nations unies décide de sanctionner Charles Blé Goudé (chef des Jeunes patriotes), Eugène Djué (président de l'Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d'Ivoire) et Fofié Kouakou (commandant des Forces nouvelles à Korhogo) pour obstacle au processus de paix. Les sanctions portent sur l'interdiction de voyager et le gel des avoirs financiers de ces trois personnalités.
(8 février) Le président américain George W. Bush décide de geler les avoirs des trois opposants à la paix déjà visés par des sanctions des Nations unies.
(9 février) Ouverture à Yamoussoukro, par le Premier ministre Charles Konan Banny d'un "séminaire" de son gouvernement. Les organisations humanitaires (la FAO, l'UNICEF, le PAM, le HCR, Save the Children, ASA, Caritas, Solidarités, GTZ et OIM) décident de reprendre l'aide humanitaire d'urgence dans l'ouest du pays (région de Guiglo). Faisant fi de la décision de la communauté internationale qui a "pris acte" de la fin du mandat des députés, le président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly ouvre une "session extraordinaire" boycottée par la quasi-totalité des députés de l'opposition.
(16 février) L'Assemblée nationale ivoirienne adopte une loi prorogeant le mandat des maires et conseillers généraux jusqu'à la "proclamation des résultats de la prochaine élection les concernant". Cette loi a été adoptée à l'unanimité des 99 députés présents et des 8 "excusés", qui ont voté par procuration.
(17 février) Le Groupe de travail international (GTI) approuve l'arbitrage du Haut représentant de l'Onu pour les élections, validant la composition du bureau de la commission électorale ivoirienne (CEI), contestée par le Font populaire ivoirien (FPI). L'Union européenne (UE) accorde une subvention de 22 milliards de francs CFA (33,2 millions d'euros) à l'appui de la "la feuille de route" du gouvernement de transition, et notamment pour le financement du processus d'identification des populations.
(28 février) Au cours d'une conférence de presse, Jean Louis Billon, président du groupe Sifcom, dénonce la fraude généralisée et les "centaines de barrages". Il s'insurge contre l'impunité dont bénéficient les fraudeurs en Côte d'Ivoire, alors que des services compétents de lutte existent. La persistance de ce fléau s'explique, car "dans la fraude, il y a des parrains politiques"…
(1er mars) Après un report d'une journée, du a des " problèmes techniques ", réunion à Yamoussoukro sous la conduite du Premier ministre Charles Konan Banny des principaux protagonistes de la crise ivoirienne : le président Laurent Gbagbo, les opposants Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié et le chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN) Guillaume Soro. Les participants ont entériné les résultats de l'élection de la commission électorale indépendante (CEI) (élection annulée par la Cour suprême et contestée par le FPI). Cette concession de Laurent Gbagbo a été compensée par la décision de la création d'un quatrième poste de vice président, pour "parvenir à une représentation équilibrée des forces politiques en présence", le bureau de la CEI passe ainsi de 12 à 13 membres. Concernant le désarmement, "les participants ont admis la nécessité de l'actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du dialogue" entre militaires loyalistes et rebelles. Les cinq dirigeants ont réaffirmé leur volonté de tout mettre en œuvre en vue de permettre la tenue des élections dans les délais prévus. Enfin, les participants ont souligné que la "Constitution et la résolution 1633 n'étaient pas antinomiques".
(2 mars) Après une interruption de plus de deux ans, les examens scolaires débutent dans les zones sous contrôle de l'ex-rébellion.
(7 mars) Après plusieurs mois de blocage dû à des divergences politiques sur sa composition, la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne a reprend ses activités à l'issue de la passation des charges entre l'ancien et le nouveau bureau. Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, déclare lors d'une conférence de presse, que la Côte d'Ivoire est redevable de plus de 340 millions de dollars à son institution.
(9 mars) L'Onuci annonce le retour en Côte d'Ivoire d'une partie de ses personnels civils évacués fin janvier en Gambie pour des raisons de sécurité.
(11 mars) Au cours d'une Convention de son parti au Parc des Sports de Treichville, l'ancien Président Henri Konan Bédié est désigné candidat officiel du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) à l'élection présidentielle.
(13 mars) A l'appel de divers syndicats (Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (MIDD), SYNESCI …) débute une grève des enseignants qui devrait durer jusqu'au 24 mars.
(14 mars) Arrivée à Abidjan de Guillaume Soro où il rencontre Laurent Gbagbo, Charles Konan Banny, Henri Konan Bédié et Alassane Outtara.
(15 mars) Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles, ministre d'Etat chargé du programme de la reconstruction et de la réinsertion, participe à son premier conseil des ministres après 16 mois d'absence. Au cours de ce conseil, le ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique a souligné la dégradation de la situation sanitaire en raison de la crise qui perdure. Les indicateurs sanitaires sont alarmants : (i) la couverture vaccinale se situe entre 3 à 60 %, au lieu de 80 %, (ii) la lèpre : 1000 nouveaux cas dont 659 formes graves, (iii) l'ulcère de Buruli : 22 000 cas enregistrés, (iv) la tuberculose : plus de 20 000 cas nouveaux dont 36 % de co-infection VIH/SIDA, (v) le VIH/SIDA : 7 % de prévalence avec 17 000 malades sous traitement sur les 39 000 prévus, (vi) le service d'urgence des grands hôpitaux : 30 % de mortalité, (vii) la mortalité maternelle : 690 décès pour 100 000 naissances. Concernant les foyers épidémiques actuels et les risques épidémiques : ont été relevés : (i) un foyer d'épidémie de choléra à Zouan Hounien (janvier 2006, maîtrisé), (ii) un foyer d'épidémie de méningite dans les régions de Boundiali, Korhogo et Séguéla (début 2006, un plan d'urgence est en cours), et (iii) des risques d'épidémies de fièvre jaune dans la région de Bouna (une campagne de vaccination a été organisée aux mois de janvier et février 2006, en vue d'endiguer le risque). Mouvement de grogne parmi les "jeunes recrues" enrôlées dans les rangs des Fanci à la suite des évènements de septembre 2002 ("les soldats Blé Goudé", au nombre de 4000). Ces derniers réclament le paiement d'arriérés de primes ainsi que l'obtention du statut de militaire. Laurent Gbagbo a reçu les représentants des soldats contestataires pour tenter de désamorcer la crise.
(21 mars) Lors d'une rencontre avec les représentants des 4000 recrues de 2002 ("les soldats Blé Goudé"), Laurent Gbagbo annonce qu'il va satisfaire les principales revendications des soldats contestataires : (i) la transformation de la prime de guerre en salaire (100 000 FCFA mensuels), (ii) le paiement des arriérés de prime, (iii) le décaissement de 230 millions CFA pour couvrir les cotisations de santé non réalisées par les jeunes recrues, aux fins de bénéficier des soins médicaux tout comme les militaires engagés, (iv) concernant le réengagement des soldats dans l'armée ou leur réinsertion dans la vie civile, Laurent Gbagbo déclare que personne ne sera "laissé au bord de la route", (v) à propos du soutien aux familles des soldats tombés au front, le chef de l'Etat affirme qu'un décret est en préparation pour régler le problème.
(1er avril) Première rencontre depuis le 19 juillet 2005, à Yamoussoukro, entre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) et les Forces armées des forces nouvelles (Fafn). Les résultats des examens scolaires dans les zones Forces nouvelles révèlent un taux de réussite de 20% au BEPC et 24,42% au baccalauréat.
(3 avril) Le général Abdoulaye Fall, Commandant de la Force de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui a dirigé les troupes onusiennes dans ce pays pendant deux ans, quitte ses fonctions. L'intérim est assuré par le général béninois Fernand Marcel Amoussou. Nommé le 22 mars par décret présidentiel, le nouveau coordonnateur du Programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (PNDDR), le Général de gendarmerie Gaston Ouassenan Koné prend officiellement ses fonctions en remplacement de Alain Richard Donwahi.
(8 avril) Au terme de sa visite en Côte d'Ivoire, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, président en exercice de l'Union africaine et nouveau médiateur de la crise ivoirienne, donne une conférence de presse après sa rencontre à huis clos avec Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bedié, Guillaume Soro et Charles Konan Banny. Le médiateur déclare : "à la suite de la synthèse des entretiens que nous avons eu ici à Abidjan, nous avons retenu qu'il était important que les processus de désarmement et d'identification soient engagés concomitamment sans tarder. Nous ne pouvions permettre l'immobilisme sur ces questions". Cette décision va à l'encontre des voeux du camp présidentiel qui souhaitait le désarmement avant l'identification, et les Forces nouvelles qui exigeaient l'inverse.
(10-15 avril) Visite en France du Premier ministre Charles Konan Banny.
(20 avril) Au cours de sa 6ème réunion, le Groupe de Travail International (GTI) exprime "sa vive préoccupation face aux retards pris dans le démarrage d'activités essentielles pour la mise en œuvre effective de la feuille de route". Le GTI affirme son soutien à "l'organisation concomitante et immédiate des opérations de désarmement et d'identification". La prochaine réunion du GTI se tiendra le 19 mai.
(23 - 29 avril) Visite au Etats-Unis du Premier Ministre Charles K. Banny.
(3 mai) Après l'annonce le 26 avril, par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de la présence en Côte d'Ivoire de foyers de grippe aviaire sous sa forme hautement pathogène du virus H5N1, le gouvernement confirme officiellement la nouvelle. Au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue de sa rencontre à Bruxelles avec Charles K. Banny, Louis Michel, Commissaire Européen chargé du Développement et de l'aide déclare : "l'Union européenne va donner une enveloppe de 198 millions d'euros, pour accompagner le processus de paix en Côte d'Ivoire"… si l'on ajoute le montant de "l'aide déjà promise" ou accordée, "cela fait un paquet de 268 millions d'euros, soit près de 175 milliards francs cfa". "Bien entendu, cet argent sera décaissé dès que le processus d'identication des populations démarrera".
(13 mai) Le Premier ministre Charles Konan Banny prend décision de lancer l'opération concomitante d'identification et de DDR. Cette décision fait suite à l'accord du 8 avril entre les " cinq grands " leaders politiques ivoiriens, confirmé lors de la réunion du GTI du 20 avril.
(14 mai) Lors d'une allocution radio-télévisée, Charles Konan Banny confirme le début des audiences foraines et du pré-regroupement des combattants dans une phase pilote. Au cours des audiences foraines, les magistrats et les fonctionnaires de l'état civil délivreront, après audition des notables locaux et sur la foi de témoins, des actes de naissance aux personnes de plus de 13 ans sans papiers ayant pu prouver leur naissance dans la localité concernée. Ces opérations-pilote se feront simultanément dans sept villes choisies (Bangolo, Botro, Bouna, Méagui, Port-Bouët, Sandégué et Tiapoum).
(16 mai) Dans une déclaration, les partisans du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, regroupés au sein du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd), remettent en cause la concomitance des processus de DDR et d'identification et appellent à des actions pour "s'opposer de façon résolue à toute opération d'identification avant le désarmement et la réunification du pays".
(17 mai) Publication du rapport de l'International crisis group (ICG) : Côte d'Ivoire: La paix comme option. L'ICG note que des progrès vers la paix ont été réalisés : "Le gouvernement a organisé les examens scolaires reportés depuis deux ans dans le nord. Le dialogue politique a été relancé par le sommet du 28 février 2006 [retardé au 1er mars] qui a réuni les quatre acteurs majeurs du conflit autour du premier ministre. La Commission électorale indépendante (CEI) a débuté ses activités. Guillaume Soro, le leader des FN, est revenu à Abidjan pour assumer ses responsabilités ministérielles. Les partis politiques se préparent en vue d'une élection dont beaucoup doutent qu'elle puisse se tenir à bonne date. Et le dialogue militaire a finalement repris entre les forces belligérantes, avant d'être à nouveau suspendu". Malgré tout il ne faut pas céder à "un optimisme excessif" car " les progrès sont loin d'être irréversibles".
(18-24 mai) Déroulement de la phase pilote des audiences foraines sur les 7 sites initialement prévus: 3137 personnes ont obtenu un certificat de nationalité.
(25 mai) Publication du rapport de Human rights watch (HRW) : " Parce qu'ils ont des fusils… il ne me reste rien ". Selon HRW, " ce rapport décrit les atteintes aux droits humains commises contre des civils par les forces de sécurité gouvernementales, les forces des milices et par les Forces Nouvelles entre novembre 2005 et mars 2006, et sert à illustrer le coût humain de l'échec à aborder l'impunité et l'anarchie en Côte d'Ivoire ".
(1er juin) A l'issue d'une réunion tenue à Yamoussoukro, les états-majors des forces armées loyaliste et des forces nouvelles annoncent le début du désarmement à partir du 8 juin. Le "général" Soumaïla Bakayoko a en outre exigé "que tous les combattants (rebelles) soient identifiés" et que la carte nationale d'identité leur soit octroyée.
(7 juin) Un nouveau parti politique, l'Union nationale des Ivoiriens du Renouveau (UNIR) proche d'Ibrahim Coulibaly (IB), annonce sa volonté de mettre en place en Côte d'Ivoire une troisième République fondée sur une nouvelle Constitution moins conflictuelle.
(13 juin) Publication d'un décret présidentiel interdisant les marches, les sit-in et les autres manifestations sur la voie publique sur toute l'étendue du district d'Abidjan, pour la période du 14 juin au 14 décembre 2006. Néanmoins, les réunions et les manifestations organisées par les partis politiques ou associations légalement constituées échappent aux dispositions du décret, à condition toutefois, précise le texte, qu'elles se déroulent dans des lieux clos, après avoir été préalablement déclarées auprès du ministère de l'Intérieur.
(14-15 juin) Visite de Laurent Gbagbo au Tchad.
(15 juin) Le général de division Antoine Lecerf prend officiellement le commandement des soldats de la force française Licorne, en remplacement du général Elrick Irastorza, appelé à d'autres fonctions. Alfred Guéméné, président du Collectif des syndicats du secteur Education-Formation, annonce la mise en grève illimitée des enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire pour de meilleures conditions de travail et une augmentation des salaires. Le gouvernement adopte le projet de budget de l'Etat pour l'année 2006 qui s'élève à 1965,3 milliards de FCFA, en hausse de 13,3% par rapport à 2005.
(20 juin) Le gouvernement décide la réouverture des marchés de volailles fermés depuis la découverte le 3 mai de deux foyers de grippe aviaire à Abidjan et dans sa banlieue.
(23 juin) A l'issue de deux jours de concertation, les députés de l'opposition réunis au sein du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) décident de siéger à nouveau à l'Assemblée nationale dont ils boycottaient les travaux depuis janvier 2006. Cette décision fait suite à celle du président de l'Assemblée nationale (Mamadou Koulibaly) de suspendre, au mois de mai, les émoluments des députés absents ainsi qu'à la menace de leur radiation le 1er juin, s'ils poursuivaient leur boycott.
(27 juin) Selon le Trésor public, la normalisation de la situation socio-politique et des financements externes devrait permettre d'atteindre des taux de croissance économique de 2,4 %, 3,5% et 5,1 % respectivement en 2007, 2008 et 2009.
(30 juin) Lancement à Yamoussoukro du Forum de dialogue national, par le Premier ministre Konan Banny, à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix, en présence des membres du gouvernement et des principaux partis politiques, à l'exception du Front populaire ivoirien (FPI). Ce forum national se déroulera en trois phases : (i) la phase de lancement, (ii) la phase de terrain qui permettra d'expliquer et de recueillir les propositions et (iii) les assises du forum qui seront sanctionnées par la production d'un document contenant les recommandations des populations. Un comité de suivi sera mis sur pied pour veiller à l'application de toutes les décisions.
(3 juillet) En 2005, les recettes générées par le droit unique de sortie (DUS) (taxe à l'exportation sur le café, le cacao et le bois) se sont élevées à 262,7 milliards de FCFA contre 316 milliards en 2004, soit une chute de 17%. Le gouvernement prévoit une amélioration des recettes pour l'année 2006 grâce aux bonnes performances du secteur pétrolier. En effet, en 2005, pour la quatrième année consécutive, le secteur pétrolier a connu une forte progression (+83,2%), avec un niveau record de production de 14,5 millions de barils. Cette performance a permis à l'Etat de percevoir des recettes d'un montant de 47,9 milliards de FCFA au cours de l'année écoulée.
(5 juillet) Réunion à Yamoussoukro entre Kofi Anan secrétaire général de l'Onu, plusieurs dirigeants africains et les acteurs de la crise pour évaluer la situation en Côte d'Ivoire. Le communiqué final fixe le début des "audiences foraines" au plus tard le 15 juillet, demande " la publication d'un décret présidentiel d'ici le 15 juillet, autorisant la commission électorale indépendante (CEI) à procéder à tout ajustement nécessaire du code électoral pour les élections de transition " et prévoit d'examiner mi-septembre une éventuelle prolongation du mandat du président Gbagbo après le 31 ocobre.
(7 juillet) L'Union européenne (UE) accorde une subvention de 7,2 milliards de FCFA (11 millions d'euros) à l'appui de l'organisation des "audiences foraines" (le processus d'identification des populations).
(11 juillet) Redressement du trafic du port d'Abidjan dont le volume de manutention a atteint 18,6 millions de tonnes en 2005 contre 17,7 millions en 2004. Malgré une baisse du trafic navires de 8,8% (2928 escales en 2005, contre 3210 en 2004), le port d'Abidjan a réussi à maintenir ses principales activités d'exportation : cacao, coton, fruits, caoutchouc brut, sucre et bois. En revanche, le trafic conteneurisé est passé de 669 843 tonnes en 2004 à 571 674 en 2005, en baisse de 14,6%. Le transit a bénéficié de la réouverture de la ligne ferroviaire Abidjan-Ouagadougou et a atteint 750 000 tonnes en 2005, après être tombé à 200 000 tonnes en 2002. Les exportations de pétrole ont augmenté de 37% en 2005.
(13 juillet) Le Front populaire ivoirien (FPI) déclare son opposition au démarrage des "audiences foraines" dénonçant un "passage en force" du gouvernement pour organiser "la fraude électorale". Mise en place du Groupe de Suivi de la mise en oeuvre du programme Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) et Démantèlement, Désarmement des milices. Le Groupe est composé des Chefs d'Etat Major des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) du Coordinateur Général du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion(PNDDR) ainsi que des Commandants des Forces de l'ONUCI et de la Licorne.
(19 juillet) Les "jeunes patriotes", partisans de Laurent Gbagbo, paralysent Abidjan en érigeant des barricades pour protester contre les audiences foraines (destinées à identifier les populations) qui seraient entachées de fraudes. Par leur action, les patriotes lancent un "avertissement" au Premier ministre Charles Konan Banny. Le Conseil de sécurité de l'Onu adresse un nouvel avertissement à tous ceux qui feraient obstacle au processus de paix en Côte d'Ivoire en les menaçant de "sanctions ciblées".
(20 juillet) Levée des barricades dressées la veille à Abidjan. Réunion du groupe de travail international (GTI) qui dénonce les oppositions et les entraves à l'organisation des "audiences foraines", et avertit qu'il transmettra ses conclusions "à l'appréciation du comité des sanctions (mis en place par l'Onu) afin qu'il puisse prendre les mesures appropriées contre les auteurs et les commanditaires de ces incidents". Dans un communiqué, les partisans de Laurent Gbagbo, réunis au sein du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD), dénoncent la fraude qui caractérise les audiences foraines, considérées comme "un nouveau coup d'Etat électoral". Lors d'une réunion tenue à Paris, M. Habib Ouane (chef de Division chargé des PMA à la CNUCED) déclare : "La persistance de la crise a de lourdes conséquences sur l'économie ivoirienne. Au rythme où vont les choses, si rien n'est fait le pays devrait passer dans la catégorie des PMA" (pays les moins avancés).
(23 juillet) Le président du directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Alphonse Djédjé Mady demande aux militants de l'opposition de "débloquer les audiences foraines par tous les moyens". Le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) réclame une pause dans le processus des audiences foraines. Création d'un nouveau parti politique : l'Union républicaine pour la démocratie (URD) par l'ancienne ministre de la Communication, Danielle Boni Claverie. Ce parti demande que les audiences foraines soient différées. De violents affrontements, entre jeunes patriotes opposés à la tenue des audiences foraines et militants de l'opposition qui sont favorables à ladite tenue, se sont déroulés le 22 et le 23 juillet à Divo. Sur 50 sites devant accueillir les audiences foraines, 43 seraient opérationnels, 27 sites auraient fonctionné correctement, 16 sites auraient été perturbés par des violences et 7 sites doivent débuter leur activité le 24 juillet. Concernant les 27 sites dont l'activité s'est déroulée dans de bonnes conditions, 18 sont situés en zone "rebelle", 2 en zone de confiance et 7 en zone gouvernementale.
(24 juillet) Au cours d'une allocution télévisée, le Premier ministre Charles Konan Banny déplore les violences autour des audiences foraines : "rien ne justifie et ne justifiera qu'on puisse ôter la vie à son prochain. Surtout pas l'opération des audiences foraines". Il tente de balayer les arguments du FPI et des jeunes patriotes concernant la fraude. A propos du processus DDR, Konan Banny informe que "du côté des Forces de défense et de sécurité, les 35 sites de pré-regroupement ont reçu des ex-combattants. Du côté des Forces Nouvelles, les Ivoiriens doivent savoir que les 50 sites de pré-regroupement ont aussi reçu des ex-combattants. Pour ce qui concerne les 50 sites, il s'agit d'un effectif de 33000 ex-combattants. Donc le pré-regroupement est achevé". Il affirme enfin sa détermination à poursuivre les audiences foraines.
(26 juillet) Désarmement des milices : 150 ex-combattants (sur 2000 recensés) déposent les armes dans la région ouest, contrôlée par les forces gouvernementales. Ce sont les premiers miliciens à désarmer avant la date limite fixée au 7 août.
(2 août) Adoption en conseil des ministres du "Guide pratique des audiences foraines". Dans son point 13, le guide stipule : "les personnes de nationalité ivoirienne bénéficiaires des jugements supplétifs d'acte de naissance obtenus dans le cadre des audiences foraines et celles de nationalité ivoirienne déjà en possession de leur acte de naissance, désireuses d'obtenir un certificat de nationalité, pourront s'adresser au Président du tribunal ou au juge de section, selon les modalités habituelles prévues par le Code de la Nationalité et la circulaire d'application N° 31/MJ/CAB3 du 25 avril 1962". En d'autres termes, les audiences foraines ne pourront plus délivrer de certificats de nationalité, elles ne délivreront que des jugements supplétifs.
(4 août) Les Nations unies et l'armée ivoirienne annoncent l'interruption du processus de désarmement des milices de l'ouest, en raison du faible nombre d'armes récupérées.
(5 août) Laurent Gbagbo signe un décret portant nomination de nouveaux présidents de juridictions (127 magistrats), notamment appelés à remplacer les magistrats désignés pour superviser les audiences foraines. Selon certains magistrats, cette décision viole la Constitution (article 106) ainsi que le statut de la magistrature : "ces nominations illégales, [sont] plutôt guidées par le souci de placer des hommes en mission politique que d'assurer une bonne administration de la Justice". Il s'agit de "nommer des magistrats proches du régime, dans le cadre des opérations des audiences foraines".
(6 août) A la veille

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t c'est ainsi que l'histoire du pays changea

Écrit par : amani k | 19/08/2010

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